Intervention de Stephan BELTRAN.
Seul impôt du système fiscal français qui soit un tant
soit peu redistributif,la taxe professionnelle(TP) établit un lien direct entre l’entreprise et son lieu d’implantation. Cet impôt local contribue à responsabiliser l’entreprise devant la
collectivité territoriale et permet notamment aux collectivités de financer les investissements en infrastructure dont bénéficient aussi les entreprises.
La réalité économique sociale que subient au quotidien nos concitoyens nous oblige à constater que les dégrèvements accordés jusqu'à maintenant par l’état au titre
des impôts ou des côtisations sociales, n’ont jamais conduit une entreprise à ne pas licencier, à ne pas délocaliser si ses intérêts ou les intérêts de ses actionnaires étaient en
jeu.
Cette logique
financière qui poussent de plus en plus de nos concitoyens dans la précarité est en œuvre plus que jamais dans le projet présidentiel du « Grand Paris », ce projet adopté en conseil des ministres
le 7 octobre et présenté par le Figaro comme « le projet emblématique du quinquennat »ou « la pyramide du Louvre de Nicolas Sarkozy ou encore pour certains son musée des arts
premiers ».
Mais derrière cette rhétorique flagorneuse se cache un véritable projet de spoliation démocratique : remise en cause des compétences des élus locaux, de spoliation de l’espace public : voir le droit de préemption autour des futures gares et la création de la Société du Grand Paris (SGP), spoliation fiscale et citoyenne : non content de s’approprier les terrains l’état envisage de s‘approprier aussi une partie de la valorisation financière des territoires concernés. Ces un projet au service d’une vision de l’aménagement du territoire qui nous ramène trente ans en arrière avec comme fil conducteur la volonté nette de voir l’état imposer ses choix aux élus locaux.
C’est un projet d’un autre âge qui ne tient aucun compte des citoyens alors que l’histoire nous rappelle que c’est l’émergence de ses citoyens, leurs exigences, leurs créativités, leurs utopies qui on fait l’identité et l’attractivité de la capitale et de sa région.
Alors que la crise financière nous interroge sur la capacité du modèle libéral à répondre aux enjeux sociaux, économiques, et écologiques de notre siècle est- ce bien l’avenir que de se fixer l’objectif d’être les premiers de la classe de la compétition capitaliste mondiale.
Ce projet nous le rejetons car c’est sa logique même qu’il faut changer, plutôt qu’une compétition forcenée entre les territoires nous voulons la mise en place de dynamique nouvelle, autour des valeurs d’égalité, de solidarité, de responsabilité et de rupture vis à vis des enjeux climatiques et environnementaux. Le grand chantier de Nicolas Sarkozy n’a d’autre objectif que d’adapter encore plus la région Ile de France à la mondialisation libérale, il ne tient compte ni des hommes ni de l’environnement et s’affranchit des règles de la démocratie locale. Pour ces raisons nous voterons avec vous le vœu que vous présentez ce soir.