Conseil Municipal du 18 novembre 2010.

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Dominique Attia.

 

Débat d’orientations budgétaires.

 

Après l’exposé qui vient d’être fait par Monsieur Cufini, c’est sûr, nous sommes dans un contexte, après les manifestations et les mobilisations de millions de salariés, de jeunes, contre la réforme régressive du système des retraites, qui affecte tout le monde, et certains plus d’autres, mais qui touche globalement à nos acquis sociaux, à notre rapport à l’avenir, à la solidarité, à une certaine conception du progrès humain.

 

 Des millions de gens  qui se sont sentis humiliés par un mépris gouvernemental, de reculs en chaîne, d’arrogance des puissants, dans un contexte où le tissu social s’est un peu plus déchiré, où les frustrations et les ressentiments ont été une fois encore exacerbés par une droite à la tête de laquelle, Nicolas Sarkozy, gouverne contre tout un peuple. Ce contexte de crise sociale, de crise démocratique rend plus évident encore la responsabilité, notre responsabilité de bâtir une perspective de changements politiques réels, incluant des mesure de rupture contre une société que nous ne voulons pas, contre le système actuel et son infernale logique financière, des mesurent qui refusent que l’on continue de prendre dans la poche des pauvres pour remplir celles des riches. Des mesures qui marquent la nécessité de s’élever contre les de la finance, face à la droite, et à tous ceux qui mèneraient à cet égard, la même politique, s’ils étaient au pouvoir.

 

Pour ne citer que l’exemple de DSK , patron du FMI, qui se prononçait pour un relèvement de l’âge légal de la retraite alors que nous étions en pleine bagarre, des millions à manifester pour dire non à cette réforme.

 

C’est la nécessité de dénoncer les injustices d’une politique où les bénéfices cumulés des entreprises du CAC 40 ont doublé au semestre 2010, où en 10 ans, les 500 plus grosse fortunes françaises ont vu leur revenu s’accroître de 160 milliards, d’une part, alors que 13 % des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté, et parmi elles 30 % de familles mono parentales.

 

On peut dire, au point où nous en sommes, que ces millions de gens qui se sont mobilisés n’ont pas seulement puiser les raisons de leur mobilisation et de leur combat dans le caractère injuste de la réforme des retraites, mais c’est également le discours et les actes de ce gouvernement qui ont alimenté leur colère. Parce qu’on assiste à un projet gouvernemental qui casse le socle des droits fondamentaux, en destructurant les services publics, en détruisant l’éducation nationale, en remettant en cause le droit à la santé pour tous, au logement, à l’emploi.

 

Alors oui, dans ce contexte, les collectivités ont des marges de manœuvre financière qui diminuent. Ainsi la suppression de la TP, sert les intérêts privés, affaiblit les finances des collectivités locales et réduit leur autonomie financière, alors que les besoins des populations qui se retrouvent de plus en plus face à des difficultés augmentent.

 

Nous sommes dans une ville où la population est ancrée à gauche, un Montreuil populaire et qui sait résister, tournée vers la conquête de nouveaux droits sociaux, porteur de grandes  aspirations et on a pu le constater dernièrement au moment des mouvements sur les retraites, une population qui ne se laisse pas faire.

 

Ainsi, l’élaboration de ce budget, à partir de cette année, aurait pu s’appuyer sur cette volonté de participer, voir peut être le début d’une forme de construction commune, dans un processus ouvert, élargi, parce que chacun de nous n’est pas indifférent à la façon de structurer ce budget.

 

Ce type d’enjeu, d’associer, de proposer, d’enjeu démocratique peut aboutir à une remise en cause des choix, par l’audace des citoyens, à une forme de prise de pouvoir des citoyens des affaires qui les concerne. Et c’est bien dommage que ce processus n’ait pas été lancé.

 

Donc, les orientations budgétaires que vous avez décidées s’inscrivent-elles dans un aménagement, une gestion simple dans ce climat de rigueur et d’austérité ou bien jusqu’où peut-on aller pour obtenir des avancées pour les politiques municipales, quelles priorités dégagées dans l’intérêt de la population.

 

Quels engagements, quelles politiques, quelles orientations sont menées quand il s’agit :

 

-         De dessiner la ville de demain avec le NQU

-         Sur la politique éducative

-         D’une politique culturelle pour tous

-         Des orientations de l’action sociale

-         Du droit à la santé

-         Du développement des missions du service public communal

 

Par exemple, dans ce contexte de repli budgétaire, affecté 720 000 € pour mettre les voies en zone 30, n’y aurait –il pas d’autres priorités. Sans minimiser l’importance de la sécurisation des rues.

 

Page 5 : 2,5 millions de recettes exceptionnelles après la clôture des ZAC, n’y a-t-il pas un risque de fragilité du budget ?

 

Page 6 : pour 1,4 millions produits provenant de cessions. Qu’est ce qui est vendu du patrimoine.

 

Page 9 : vous parler de dépenses superflues : j’entends qu’il faille utiliser au mieux l’argent public. Chaque euro doit être investit efficacement pour le bien public. Mais de quelles dépenses superflues s’agit-il.

 

Page 7

Le CCAS est un outil municipal de solidarité, vous dites recours aux associations sociales : lesquelles et l’associatif a-t-il vocation à se substituer au rôle et missions du service public.

 

Page 10

 

Il est également écrit : « que les grosses structures subventionnées soient solidaires des plus petites ». Il me semble que c’est déjà le cas où les lieux sont mutualisés, où l’action des associations est bien souvent en matière de lien social un véritable maillage dans les quartiers. Je ne crois pas qu’il existe des associations intervenant dans les quartiers qui ne fonctionnent que pour elles-mêmes. Pour la plupart, elles tissent et tricotent des projets tournés vers les autres,  en lien avec le tissu associatif. Je ne comprends pas le sens de cette phrase.

 

Tout comme je ne comprends pas certains termes employés dans le document, tels que :

 

-         Productivité : parlant du service public,  c’est déplacé. Qu’il faille améliorer les conditions d’exercice du SP, développer son rôle et ses missions en concertation avec les agents qui travaillent pour un meilleur service rendu à la population, d’accord, mais la notion de productivité renvoie trop à celle de rentabilité.

 

-         pourriez-vous me donner des précisions, sur ce que vous qualifiez de service universel (page 9) et ce que vous appelez par diminution faciale (page 4)

 

A partir de la réalité de la ville, de la population des salariés qui la composent, concevoir une construction nouvelle avec des contenus engagés et des orientations politiques qui répondent davantage aux besoins et aux urgences. En somme des politiques publiques menées avec les gens, portées par eux et comment adopter une posture de résistance pour déplacer les lignes des contraintes imposées par ce système de réduction des déficits au non de la rentabilité ; qui livre aux lois du marché et de la concurrence tout ce que nos parents et grands parents avaient arraché de conquêtes sociales.

 

On devrait vraiment commencer à travailler, à inventer de nouvelles pratiques, à faire ensemble. Bien sûr des points de conflits, de frictions apparaitront, mais aussi de convergences et de déplacer le « qui décide » vers les citoyens, pour que le pouvoir ne leur échappe plus et qu’ils imposent ce qu’ils souhaitent.

 

Etablir, un budget c’est donner non seulement la priorité à ce qui est directement utile pour le plus grand nombre mais élaborer avec le plus grand nombre. 

 

 

 

stephan-015.jpg  Stephan Beltran.

 

 

 Violence faite aux femmes:

Grande cause nationale en 2010 la violence conjugale faite aux femmes bénéficie d’une nouvelle législation, accueillie de manière positive par les acteurs de terrain en charge de l’accompagnement.

Au de là des chiffres et du cadre légal nous sommes face à une situation dramatique au niveau de l’hébergement et du logement. Situation qui ne fait que renforcer la souffrance dont sont victimes les femmes qui vivent ces situations. Après avoir subi les traumatismes de violences physiques et psychologiques (culpabilité, honte, perte de confiance et d’estime de soi) elles sont confrontées à un déficit d’accompagnement et de solution d’hébergement pérenne.

Alors oui nous sommes favorables à la convention « Un toit pour elle » qui met à disposition deux appartements au lieu d’un, mais décidément ça ne suffit pas et nous voulons qu’au delà des affichages l’état prenne ses responsabilités et assume financièrement le coût d'un accompagnement social, médical d’insertion professionnelle et d’accès au logement que ne manqueront pas de mettre en œuvre les magistrats pour permettre à ces femmes de se reconstruire dans la sécurité et la sérénité.

 

 
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