Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 19:55

 Je  voudrais commencer mon propos par cette phrase forte que disait le poète palestinien Mahmoud Darwish, au cours d’une interview, poète récemment disparu :

 

 « On ne combat jamais le rejet et la haine avec les objets et la langue de la haine ; on ne fait pas la guerre à la guerre avec les instruments de la guerre. Il faut toujours les affronter avec leur contraire ».

 

Malheureusement, en décidant de son intervention à Gaza, le gouvernement israélien s’est une fois de plus illustré dans la violation du droit international et a aggravé de façon indiscutable, la situation dans la région, repoussant davantage toute solution de paix.

 

La seule condition pour assurer la sécurité d’Israël dans une paix durable est d’accorder enfin au peuple palestinien le droit de vivre libre dans un état indépendant, dans les frontières définies en 1967.

 

Cette énième crise majeure rappelle que c’est bien cette question qu’il faut s’engager à résoudre, dans la justice, le droit et la sécurité pour deux états. Il n’y a pas d’issue hors de cette exigence.

 

Depuis plus de 60 ans, le droit est nié dans cette partie du monde. Les territoires prétendument accordés aux palestiniens se sont réduits comme peau de chagrin. Le mur de la honte, « dit de séparation », s’est construit sur 400 KMS depuis le Nord de la Cisjordanie, jusqu’au sud de Jérusalem. La bande de Gaza est soumise à un blocus insupportable pour les habitants, qui en fait un territoire totalement bouclé où 1,5 million de palestiniens survivent dans des conditions inhumaines. Tout cela dans la plus grande impunité.

 

Je voudrais insister sur le fait que nous ne sommes pas face à un conflit religieux qui verrait s’opposer juifs et musulmans. Sur le fond c’est un conflit colonial où se greffent et s’exacerbent des questions d’ordre religieux et économique.

 

Aussi lorsque des actes racistes ou antisémites sont perpétrés en France, il ne s’agit nullement d’une importation de ce conflit, mais d’actes honteux déconnectés de ce conflit, qui nous choque et que nous condamnons.

 

Depuis 60 ans, date de la création de l’Etat d’Israël, dont personne ici, au sein de cette assemblée ne conteste l’existence, subsistent deux problèmes majeurs : colonisation et violence, l’une renforçant l’autre.

 

On ne compte plus les résolutions de l’ONU restées inappliquées, y compris la plus récente, la résolution 1860, qui appelait à un cessez le feu immédiat et qui menait au retrait complet de Gaza.

 

Consternante l’attitude de l’Union Européenne sous la présidence de N. Sarkozy, qui a porté comme une priorité le rehaussement des relations de l’Union européenne avec Israël. Israël obtenant comme une récompense sa participation à un large ensemble des programmes de l’UE.

 

La voie politique est l’unique solution pour en finir avec ces drames et son cortège de cendres et d’horreur. Cela passe par le dialogue avec tous les acteurs de la région. Le peuple palestinien, le peuple israélien, les peuples du monde ont besoin d’une paix juste et durable au Proche Orient.

 

La délibération qui nous est proposée, reprend l’attitude  « politiquement correcte » d’une partie de la classe politique française, rejetant les protagonistes (israéliens et palestiniens) dos à dos. Ce principe de dons équitables, ne répond pas à l’urgence des difficultés dont doit faire face aujourd’hui la population meurtrie  de GAZA.

 

Aussi, même si l’intervention d’une association qui vise « le vivre ensemble en paix » est louable, quelles sont les priorités aujourd’hui pour un territoire où se côtoient des images bien réelles de désolation, de mort et d’errance.

 

Je souhaiterai, vraiment que l’aide humanitaire votée ce soir soit entièrement consacrée à la population de Gaza, en lui adressant 10 000 euros.

 

Une fois les plaies pansées, une fois les malades soignés, une fois le retour à l’école des enfants de Gaza, bref, une fois que la vie pourra doucement recommencée à Gaza, nous pourrons alors voter une subvention pour le rapprochement des peuples.

 

« Ce qui m’effraie ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons ». (Martin Luther King)


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