Partager l'article ! Pour répondre aux besoins de la population il faut un budget audacieux: Le 27 novembre dernier, nous avons débattu des orientations budgétaire ...
Le papier mâché - Blog des élus communistes de
Montreuil
"L'Homme est le terme unique d'où il faut partir et auquel il faut tout rapporter" (Denis Diderot)
Le 27 novembre dernier, nous avons débattu des orientations budgétaires pour lesquelles un vote sera soumis ce soir, à cette assemblée.
Le groupe communiste avait, au cours de ce débat, émis des réserves sur des points aussi emblématiques que le devenir du Méliès, des centres de santé, des actions de solidarité.
Nous avions dénoncé le contexte national et international de tempête financière, dans lequel s’élaborait ce budget. On le voit chaque jour, la crise a bon dos, où la droite, le gouvernement, et le MEDEF, s’allient pour faire payer aux familles en difficultés, aux couches moyennes, le prix d’une crise, d’un système, qui n’a qu’une religion : le profit à tout prix.
Face à cette droite arrogante, empreinte de mépris vis-à-vis des nombreux mouvements sociaux, il est nécessaire que les villes de gauche, soit un réel point d’appui aux ripostes qui s’organisent, un levier aux luttes. Les désengagements successifs de l’Etat, sur des questions aussi structurantes que le logement, l’emploi, la santé, est un facteur d’aggravation des conditions de vie, dans nos villes, où les politiques libérales mettent en concurrence les hommes et les territoires.
L’argent existe, pour répondre aux besoins. L’Etat a su en trouver pour renflouer les banques, sans qu’aucun contrôle ne soit effectué. Les entreprises du CAC 40 continuent d’accroître leurs profits sur le dos des travailleurs et de leur outil de travail, qu’ils ferment sous prétexte de crise et les exemples sont nombreux : Faurecia, Valeo, Amora, pour ne citer que les plus récents.
Les exonérations de cotisations patronales à la sécurité sociale s’élèveraient en 2008, à 32,3 milliards d’euros. Mieux encore, les chiffres sont astronomiques et au-delà du réel, 3000 milliards d’euros injectés pour sauver les banques. Alors que 3,5 millions d’enfants meurent chaque année dans le monde à cause de la sous alimentation. 1 % de ces 3000 milliards suffirait par an, pour assurer la sécurité alimentaire des plus pauvres.
Non, la crise n’est pas due à quelques rouages qui débloquent et qu’il faudrait mieux régler. Elle est bel et bien le résultat de la concurrence effrénée des masses financières prédatrices, qui tournent sur la planète.
Les réponses passent par d’autres orientations, d’autres choix. Comment croire avec cette valse insensée des milliards que l’argent manque pour le logement, la sécu, les services publics, l’emploi.
Tout démontre que l’argent existe.
La dépense publique qui permet des investissements utiles à la population doit redevenir la priorité. Moins de dépenses publiques, qu’il s’agisse de l’investissement ou du fonctionnement se traduit par moins d’activités économiques, moins de salaires, moins d’emplois.
Aussi, Madame La Maire, nous nous abstiendrons parce que nous voulons plus pour ce budget. Pour une ville de gauche, nous voulons des objectifs ambitieux. Réduire un budget à une simple vision gestionnaire, n’est pas, à notre avis, audacieux. Faire la clarté sur les projets, demeure encore plus nécessaire en ces temps de crise.
Nous nous abstiendrons parce qu’il ne suffit pas de fédérer sur une liste, des hommes et des femmes contre un homme et une gestion qui n’a pas toujours relevée de pratiques et de décisions prises collectivement. Votre équipe semble manquer de visée, de projets, pour cette ville dont une partie de la population souffre des difficultés accrues, générées par une politique de droite, une politique libérale qui donne davantage aux actionnaires et aux banquiers, qu’aux salariés, aux travailleurs, aux enseignants, aux chercheurs.
Parce qu’il ne suffit pas de dire c’est pas moi c’est l’autre, ce sont les autres, ceux d’avant, à chaque réunion, pour construire du solidaire, et garder le caractère populaire à cette ville.
Arrêtons donc ces enfantillages de cour d’école maternelle, et concentrons nous sur l’essentiel. C'est-à-dire la réponse aux besoins d’une population.
Nous nous abstiendrons, parce que s’agissant du Méliès, des centres de santé, des centres de quartier, des politiques de solidarité, de la culture, des associations, dont les subventions baissent substantiellement, des projets politiques en termes de développement économique, de financements d’équipements publics, cela reste encore flou. Flou et surtout sans concertation. Des décisions prises unilatéralement qui s’orientent davantage vers moins de service public alors qu’il faudrait les développer, les améliorer.
Si nous nous félicitons du vote unanime au conseil municipal du 27 novembre pour le retour à une gestion publique de l’eau, le paradoxe reste entier, quand dans le même temps il est préconisé de recourir au privé en matière de santé. La complémentarité doit être apportée par le privé au pôle public, et non l’inverse.
Considérant que rien ne se fera sans l’intervention des habitants eux-mêmes, qu’il est fondamentalement nécessaire d’associer les organisations syndicales, politiques, les associations, les citoyens, nous sommes convaincus que la clé pour se réapproprier la politique réside dans la participation au débat démocratique, dans la vie économique, sociale et politique, de sa cité, de son pays.
La démocratie doit être promue, repensée, renouvelée. La transparence doit être une constante, jouer carte sur table, se prononcer en connaissance des arguments et des points de vue, dans le respect de la diversité.
Notre ville par la richesse de sa mixité sociale et culturelle, est l’une des plus attractives de la petite couronne. Son potentiel d’hommes et de femmes, de forces, de mouvements, engagés n’est pas mince. Continuons à amplifier, à accroître toutes ces ressources humaines, pour engager des batailles et des ripostes nécessaires, pour que les solidarités, la justice sociale, le partage puissent continuer à s’exercer contre les violences sociales et la répression appliquées à tous ceux qui osent s’opposer à la loi du profit. Prenons le contre pied de ces politiques qui oeuvrent à l’enrichissement des plus riches et accentuent les rapports de domination dans tous les domaines.
C’est un budget offensif qu’il faut opposer, repère incontournable pour tout programme se réclamant de gauche.
Ainsi, aurons-nous le sentiment de contribuer à rendre à la politique son sens et ses lettres de noblesse, en agissant pour une
remise à l’endroit des choses.
Dominique ATTIA
Conseillère Municipale