Est-ce un lieu commun de dire à chaque conseil traitant de l’adoption du budget, que c’est un acte important dans la vie municipale ?
Non, c’est loin d’être une formalité, malgré son caractère parfois hermétique.
Les collectivités, en ces temps de crise aggravés ont la charge de devoir établir un budget rigoureux, certes, mais davantage conforme aux attentes et aux besoins des populations.
L’offensive de la droite contre les collectivités avec la réforme territoriale, la suppression de la TP, le transfert des politiques sans transfert des crédits nécessairesvise à asphyxier les communes et à les mettre tout simplement sous tutelle de l’état central au service d’un camp, celui du MEDEF, des puissances financières, fermant la parenthèse de l’action solidaire au service du plus grand nombre.
Vous nous présentez les multiples diminutions d'aide de l'Etat, et le retrait d'autres partenaires, de nos politiques publiques. La présentation de votre budget insiste bien sur cet aspect.
Un récent avis du Conseil économique, social et environnemental sur le thème « quelle mission, quelle organisation de l'Etat et des territoires ? » le rappelle . Il y est notamment écrit : "la commission consultative d’évaluation des normes estime à plus d'1 milliard d'euros en année pleine le coût des charges indirectes résultant de l'application de normes imposées par l'Etat ou l'Union européenne."
Ce manque à gagner, c'est clairement le résultat de la politique de la Droite au pouvoir, mais aussi du traité de Lisbonne que vous avez défendu et approuvé, d’ailleurs !
Ainsi, ce manque à gagner est répercuté sur les budgets des villes, et plus concrètement, pour Montreuil, un budget de fonctionnement 2012 est en diminution de 3,5Millions par rapport à celui de 2011.
Dans le même temps, vous réussissez le tour de force de présenter sur de nombreux secteurs des augmentations budgétaires, pour certaines faramineuses! 80% d'augmentation pour le CCAS, en temps de crise sociale, nous ne pouvons qu'être pour.
Encore faudrait-il nous expliquer ce à quoi correspond cette augmentation, ce que vous comptez en faire. Votre présentation est confuse en la matière ...
Et il faudrait aussi être aussi transparent que vous l'êtes quand cela sert vos intérêts ; quand il s'agit des diminutions d'enveloppes budgétaires. 3,5 millions en moins ce n'est pas rien, et je vous demanderai de nous dire précisément où sont pratiquées ces baisses dans le budget.
En investissement, et à mi-mandat, vous mettez le paquet!
16,5 Millions d'augmentation par rapport à 2011!
Là aussi nous ne pourrions qu'être d'accord avec vous si la majeure partie de ces crédits n'étaient pas destinée à des projets contestés pour certains par la population, population qui, en tout cas, souhaitent les comprendre.
Car vous allez à travers ce budget, débuter véritablement vos grands travaux.
D'une part, vous avez déjà été contraints d'emprunter et il y a fort à parier que l'année prochaine, ou dans les deux ans à venir, vous serez à nouveau contraints de vous endetter dans un contexte particulièrement défavorable aux collectivités.
D'autre part, vous avez financé ces grands travaux en imposant lourdement les montreuillois.
11% et 8% d'augmentation l'année dernière, pour lesquels nous avions manifesté notre opposition.
Je ne vous ferai pas l'affront de vous rappeler que vous aviez promis de ne pas augmenter les impôts locaux ...
Envisagez vous de dégager de nouvelles marges de manœuvre par une nouvelle augmentation de la pression fiscale et du coup accentuer l fragilité des familles de la commune ?
Si certains aspects de ce budget nous conviennent, comme la construction d’écoles, par exemple, le compte n’y est toujours pas, en matière, de logements, de santé, mais aussi en matière de démocratie et ce qui concerne le personnel communal.
Sur le logement, nous voyons sortir de terre des immeubles, construits par des promoteurs privés qui arrosent les habitants de prospectus. Il vous reste environ 740 jours pour construire le nombre de logements que vous nous avez promis dans votre programme de campagne. Où en êtes-vous d’ailleurs ?
Combien de logements sociaux sont en cours de construction de votre initiative, bien entendu? Je ne parle pas des "coups partis," comme vous les
nommez, sous l’"ancien régime", comme vous dites.
Quelle garantie donnez vous, pour que ces opérations ne soient pas livrées à la spéculation et donc inaccessibles aux montreuillois moyens ?
Je ne reviens pas sur un CMS qu’on ferme, un autre qu’on déplace à juste titre, pour vétusté, et ensuite ?
Quelle politique en matière de développement du service public de la santé ? N’aurait-il pas fallu entre un parc aquatique démesuré et un CMS, opter pour un stade nautique plus à l’échelle d’une demande pour le haut Montreuil et l’ouverture d’un CMS à La Noue, par exemple !
Vous auriez ainsi fait le choix, d'une part, de renforcer l'accès aux soins de proximité des habitants, et d'autre part, puisque des marges financières auraient été dégagées, de ne pas enfermer dans Montreuil ceux qui ne peuvent aller en vacances.
Et le personnel communal, Madame la Maire…
Mais quelle mouche vous a piquée, quelle bataille souhaitez-vous déclarer, avec cet anathème jeté sur un outil dont sont dotés les employés communaux. Je veux parler du COS. Je rappelle que le COS est l’équivalent d’un Comité d’entreprise dans une boite privée. Le CE comme le COS ont pour vocation de développer les activités sportives, culturelles, les spectacles, les voyages, les vacances, le théâtre. Et ce sont en premier lieu, les catégories C qui peuvent aller à l’opéra, au théâtre, car sans les aides du COS, le plein tarif rend inaccessibles ce type d’activités, aux revenus modestes.
Quel est ce procès qui consiste à vouloir discréditer un syndicat, quel qu’il soit plutôt que d’appeler à une mobilisation syndicale, associative, citoyenne, contre toutes les menaces qui pèsent sur les communes, les familles, ballotées entre précarité, chômage, bas salaires et fin de mois difficiles ?
Ce que vous préconisez, à savoir la prise en charge par le COS, d’une cote part des frais de garde d’enfants, des tickets restaurant, ou des chèques emploi service,
Mais ce sont là vos compétences que vous déléguez à un organisme associatif qui ne peut se substituer à ce que sont vos prérogatives en matière d’action sociale.
N’est ce pas encore une fois une maltraitance de plus qui s’ajoute à celles de la défiance, à l’égard du personnel communal ?
Est-ce la votre conception du dialogue social où les coups médiatiques remplacent le nécessaire dialogue autour d’une table avec l’ensemble des syndicats. Celui-ci ne vous convient pas ? Faudrait-il un qui fasse davantage allégeance à vos conceptions, sans esprit critique et sans contradiction. Et de toute façon, mieux vaut un dialogue même vif.
Aujourd’hui, le manque de lisibilité politique dans vos orientations, après 3 ans de mandature, soulignent qu'elles manquent sérieusement de contenu, et qu’il ne suffit pas de constituer une liste juste sur le rejet d’un personnage décrié. Il faut avoir aussi cette capacité de rassemblement, de mise en commun, d’une élaboration qui a du sens, et dont les marqueurs sont résolument encrés à gauche. D’une gauche populaire et solidaire
Pour terminer mon propos, enfin et toujours, le chainon manquant, Madame la Maire : le citoyen. La démocratie. La parole au peuple.
Je (ou nous ?) continue de penser que chaque arbitrage, chaque denier public dépensé doit faire l’objet d’un débat avec les citoyens. Et ce n’est vraiment pas le cas.
Associer la population aux décisions. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. L’idée doit se traduire par des actes volontaristes d’une équipe municipale qui l’avait promiset qui prend au sérieux la parole et les idées des citoyens !
Cela devrait être inhérent à la vie de la municipalité, chaque jour, pour rebondir, s’il le faut sur des mobilisations :
- contre les vagues actuelles de déstructuration du service public :
- Contre les désengagements de l’état
- Pour plus de moyens donnés à la ville.
Bref un véritable dispositif de participation citoyenne, socle d’une action locale, pour débattre des projets pour la ville dans toutes ses dimensions, sociales, budgétaires, urbanistiques et écologiques.
Le budget local est une question qui intéresse les habitants, pourvu qu’on puisse le mettre en résonnance avec leurs besoins.
Pour reprendre mes propos lors du débat d’orientation budgétaire : avoir l’audace nécessaire de peser, d’intervenir jusque là où se prennent les décisions, sur ce qui doit vraiment changer, et comment le changer.
Je le maintiens, les réponses sont à construire collectivement, avec la population, les agents communaux, les élus, pour trouver ensemble les solutions aux problèmes qui se posent. Ni plus, ni moins.
Et vous ne le faites pas !
Nous voterons contre ce budget.