Madame Voynet mène campagne sur le thème des finances de la ville qui seraient « dans le rouge ».
Deux rapports ont été commandités par la nouvelle majorité. Ils concluent qu’il y a eu trop d’investissements en 2007 et trop d’augmentations des dépenses de fonctionnement.
Cette analyse est purement comptable. Elle ne tient compte ni des besoins de la population ni de l’évolution des recettes.
Dans ces rapports, il est grandement question des taux d’imposition qui seraient au maximum supportables ; il est conclu que les recettes ne peuvent donc pas augmenter.
D’une part, rappelons que l’ensemble des collectivités territoriales (villes, départements et régions) perçoit un tiers de l’ensemble des impôts collectés, l’état gardant les deux tiers restants. D’autre part, il est fait abstraction de la progression des assiettes.
Plusieurs entreprises importantes se sont installées en 2007 et en 2008 apportant des milliers d’emplois à Montreuil.
Certes, nous pouvons regretter que ce sont des délocalisations venant d’autres communes et qu’il n’y a pas de créations nettes d’emplois. C’est de fait une concurrence entre collectivités locales. Nous ne pouvons pas nous en satisfaire et devons exiger une meilleure répartition de la Taxe Professionnelle.
Ceci dit, ces entreprises vont payer la taxe professionnelle (et la taxe foncière pour les propriétaires des locaux) à Montreuil à partir de 2008 et 2009. Il y aura donc bien une augmentation réelle des recettes qui n’a pas été chiffrée dans les deux rapports.
Montreuil a connu ces dernières années un renouvellement important de la population. Des nouvelles constructions de logements et des rénovations ont conduit à un rajeunissement. Cela crée des besoins nouveaux en équipement scolaires, sportifs et culturels.
De fait, en 2007, la ville a achevé la construction du groupe scolaire Louise Michel et du théâtre. L’école Nanteuil se reconstruit entre 2007 et 2009. Deux nouvelles crèches ont été réalisées et deux autres sont en reconstruction permettant une augmentation du nombre d’enfants accueillis. D’ores et déjà, nous pouvons dire que tout cela sera insuffisant et qu’il faudra envisager de nouveaux investissements.
La mise en œuvre du nouveau système d’accueil dans les centres de loisirs a nécessité des embauches d’animateurs. La suppression de l’école le mercredi ne fait que renforcer cette nécessité. Même si certaines dispositions sont discutables, elles répondent à des besoins de la population.
Montreuil n’est pas une ville de riches. Les nouveaux Montreuillois ne sont pas tous propriétaires, et ne peuvent se payer les services du privé. Il n’y a pas trop d’équipements publics et pas trop de services publics sur la ville.
Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir eu une municipalité qui a par exemple décidé avec les habitants, de créer 5 centres de santé municipaux qui sont fréquentés par 35000 Montreuillois.
Pourrait-on dire aujourd’hui que c’est un dispositif trop onéreux en investissement et en fonctionnement et que les habitants n’ont qu’à aller dans les cabinets privés de médecine ?
Montreuil est une ville tout juste équilibrée en nombre d’habitants par rapport au nombre d’emplois. Mais aujourd’hui, 80% des salariés montreuillois vont travailler à l’extérieur alors que 80% des salariés sur la ville viennent de l’extérieur. De nouvelles structures de transports deviennent indispensables ainsi que des logements supplémentaires pour les nouveaux travailleurs.
Cette situation est consécutive à la désindustrialisation de la banlieue Est de Paris et au transfert des
sièges d’entreprises de Paris sur la proche banlieue. Le combat pour une économie comprenant la production de biens dans toutes les régions est plus que jamais d’actualité.
37% des Montreuillois sont en logements collectifs sociaux et il y a un manque cruel de logements sociaux dans notre région. Il n’est pas juste de faire supporter cet effort à quelques communes alors que d’autres ont une orientation bourgeoise de leur ville en refusant la construction de logements sociaux.
Le plus grand danger qui guette les finances de la ville vient du gouvernement et du président de la république. Il est à nouveau question de diminuer la taxe professionnelle qui a déjà été réduite de moitié en 2000.
Dans la préparation de la loi de finances 2009, il est envisagé de ne revaloriser les dotations de l’état que bien en dessous de l’inflation réelle. Rappelons que la plupart de ces dotations ne sont en fait que des compensations partielles de transfert de charge de l’état sur les collectivités territoriales et des exonérations d’impôts locaux décidées par le gouvernement. Il est aussi envisagé de réformer la dotation de solidarité urbaine, ce qui ferait un manque à gagner de 2,3 millions d’Euros pour la ville.
La contestation des orientations gouvernementales est l’axe principal de notre action. Il nous faut, avec les citoyens, aller chercher les moyens pour répondre à tous les besoins des familles montreuilloises.
Au lieu de se placer dans une perspective d’austérité, nous devons avoir une vision de développement digne de politiques qui prennent le contre pied du libéralisme pour donner la primauté à l’être humain et à son bien être.