En plein débat parlementaire sur la réforme des retraites, en plein mouvement social contre cette réforme injuste et inefficace, les députés UMP ont une nouvelle fois fait la démonstration de leur haine des pauvres et des riches.
Niant le droit de chacun à la santé, écartant les principes sociaux de la République, ils ont voté début novembre le paiement de 30€ pour bénéficier de l’Aide Médicale d’Etat (AME).
L’AME est vitale pour les étrangers démunis de titre de séjour et de ressources et donc, exclus de la Couverture Maladie Universelle (CMU) : « créer un obstacle financier pour l’accès aux soins de personnes en situation de survie (moins de 635€ par mois), c’est retarder la prise en charge médicale … » s’indignent dans un communiqué commun la FNARS, l’ODSE, l’UNIOPS et le CISS (1).
La stricte rentabilité financière du système de santé français, instaurée depuis 2009 par la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires, dite loi Bachelot, est encore le moteur du projet de loi de finances de la Sécurité Sociale pour 2011. Objectif : réaliser 2,4 milliards d’euros d’économies. Soit moins 860 millions sur les médicaments et dispositifs médicaux, 1, 2 milliards d’euros au détriment des malades, en particuliers les plus fragiles atteints d’affections de longue durée.
C’est aussi, dans la même logique que les retraites, organiser le transfert des financements vers les complémentaires privées, par une augmentation du ticket modérateur, une diminution de nouvelles prises en charge …
C’est opérer une massive désocialisation de la solidarité nationale.
Et les effets se font déjà sentir. Fermeture de lits d’hôpitaux, de maternités, menaces sur les urgences faute d’effectifs comme à Tenon, attaque sur le statut des infirmières, remise en cause de l’IVG, …
Outre que l’offre de soins sur le territoire national est malmenée, cette désocialisation de la santé renforce les inégalités dans l’accès aux soins et pénalise particulièrement les ménages à bas revenus.
Dans ce contexte de démantèlement du contrat social français et d’augmentation de la précarité, garantir le maintien d’une offre de soins accessible à tous doit être partout défendu !
A Montreuil, comme ailleurs, on serait bien avisé, avant toute suppression de poste, avant toute fermeture de structure de soins, quand les centres de santé municipaux constitue un atout exceptionnel dans une politique de solidarité, de s’enquérir de l’avis des patients et des praticiens.
A moins de considérer, comme la loi Bachelot, que la rentabilité financière est supérieure à l’Humain.