Mesdames, Messieurs,
Madame la Maire,
Mes Chers Collègues,
Le groupe Montreuil Vraiment a publié le 11 novembre dernier une élogieuse tribune sur la politique de la municipalité, renvoyant de façon mensongère dos à dos la droite la plus dure (JF Copé) et l’opposition municipale.
Passons sur cette attitude qui devient malheureusement trop fréquente dans votre façon de gouverner …
Attachons-nous au fond …
Dans cette tribune, vous faites l’apologie de votre saine gestion, de votre capacité à bien gouverner en période de crise. Vous avez donc contribué à largement désendetter la ville. C’est très bien.
En d’autres temps, nous avons eu à le faire également, et il nous avait alors fallu également 3 à 4 années et un travail d’arrache-pied des services pour y parvenir en conservant une politique active d’investissement !
Qui souhaitez-vous convaincre : les électeurs ou vos potentiels futurs partenaires de campagne électorale ? A moins que vous ne vous adressiez à vos propres élus, quelquefois récalcitrants.
Après cette digression, et pour revenir au document sur le budget, il y manque en tout cas les mots : résister, riposter, changer.
Bien évidemment le budget de la ville doit être rigoureusement géré, mais il doit traduire une réelle volonté de mettre en oeuvre une politique sociale et écologique en direction des Montreuillois.
La municipalité se doit d'interpeller fortement les collectivités compétentes en la matière, en premier lieu l'Etat, pour qu'elles assument enfin leurs responsabilités.
Dans un contexte national et international où l’on ne parle que de dette et de rigueur, le gouvernement Sarkozy continue de broyer, de détruire. Les gens en ont marre de payer une crise qui n’est pas la leur. Ils en ont marre de cette dévotion aux banques et aux institutions financières. Et ils attendent autre chose, de la gauche, d’une ville de gauche, qu’une gestion de la crise et de ses conséquences.
Economies nécessaires, dette, remboursement, plan de rigueur, équilibre financier....les bénéficiaires des aides sociales seraient majoritairement des fraudeurs tout comme les fonctionnaires d'ailleurs !
Battons en brèche le mensonge qui consiste à faire porter la responsabilité de la crise à la majorité des citoyens donc aux plus modestes!!!
Devant les dégâts sociaux engendrés par les politiques libérales, il faut affirmer des axes de rupture qui remettent en cause ce système agressif et dominateur.
Vous mettez sur le compte de votre « saine » gestion votre capacité à investir, à sortir de nouveaux projets.
Je ne reviendrai pas sur le parc aquatique, qui présente une incertitude relative quant à ses coûts de gestion ainsi qu'à ses financements, en particulier de la part de vos partenaires.
Vous dites, droit à la santé, et citez en exemple les centres de santé.
Vous annoncez que vous en construisez deux nouveaux.
Vous vantez votre capacité d'investissement de plusieurs millions d'euros, alors que vous avez rechigné dès 2008 à investir quelques centaines de milliers d'euros pour maintenir l'activité de radiologie, et de mammographie, pour ne parler que d'elles.
Au contraire de ce que vous laissez entendre, vous avez fermé un centre, le CMS Voltaire, très utilisé par les montreuillois pour en ouvrir un autre, dans le Haut-Montreuil.
En passant, pour nous, résoudre la fracture entre le haut et le bas Montreuil ne passe pas par des oppositions de ce type, en déshabillant l’un pour habiller l’autre, mais bien en menant une politique dynamique et ambitieuse pour toute la ville.
On ne contestera pas les besoins dans ce quartier, mais vous auriez aussi pu conserver le CMS Voltaire.
Quant au second, il ne s'agit pas non plus d'une nouvelle construction, mais du déménagement programmé du CMS Savaterro dont la vétusté des locaux actuels rendent nécessaires une nouvelle implantation.
Vous oubliez cependant de rappeler vos propres propos lors d’une récente Conférence Locale de Santé : vous n’avez pas les crédits pour achever ce centre avant la fin de votre mandat.
Vous dites être à l’écoute, ouverts au dialogue, mais la construction même d’une école, devient conflictuelle, un vrai casse tête et soulève tollé et contestation face à vos certitudes.
La démocratie est malmenée et la défiance à votre égard augmente.
Vous vous êtes dotés d’une image et d’un programme qui ont su en leur temps donner l’illusion de relancer de nouvelles pratiques en politique. Depuis vous osciller entre tâtonnements et hésitations.
Vous avez concentré un rejet de l’ancien, et n’avait pas su prendre votre espace en n’associant ni la population aux décisions, ni les agents dans la réorganisation des services.
Vous cultivez la méfiance vis à vis de ce personnel, en attirant de l’insatisfaction par des décisions qui se voulaient en rupture avec les mandatures précédentes et qui en fait négligent leur avis.
Vous n’avez pas su prendre en compte les avis différents, en les stigmatisant, voire les rejetant, en faisant le raccourci facile que tous ceux qui n’étaient pas de votre avis sont contre vous, au lieu d’en tirer partie et d’en faire une force, un atout pour la vie démocratique.
Quelles initiatives sont prises pour lutter contre la multiplication d’opérations immobilières qui sont inaccessibles à la grande majorité des montreuillois ?
Vos promesses de campagne deviennent volatiles et les habitants sont de plus en plus sceptiques sur votre capacité à garder cette ville populaire tout en regardant vers l’avenir.
Pendant ce temps là, il y a une chose dont vous ne parlez jamais, et qui mesure aussi pleinement la bonne gestion et la capacité de diriger, c'est le personnel. Vous n'en parlez pas et pour cause.
Savoir gérer une ville, c'est certes savoir gérer son endettement (qui est une démarche somme toute normale pour investir), mais aussi, comme vous l'écriviez en 2008 " malgré les remerciements publics lors des conseils municipaux et autres inaugurations et commémorations, là encore, le compte n'y est pas."
Le compte n'y est toujours pas, et il n'y a rien, dans le DOB qui indique un changement de cap.
Un Personnel communal, en souffrance, dont on se méfie, un personnel qui peine toujours à trouver une visibilité dans les politiques municipales ; que dire de cette hémorragie d’agents communaux, qui partent de Montreuil.
Il est de notoriété publique depuis 2008 que le divorce est consommé entre vous et votre administration.
En attestent divers rapports éloquents sur le mal être généralisé, un audit sur les risques psycho sociaux au sein de l’administration, les transferts brutaux de services vers Est-Ensemble, les réorganisations infinies afin de transférer des activités hors du service public, les départs réguliers d'agents communaux, dont des directeurs, et pas des moindres puisque plusieurs d'entre eux font partie de ceux que vous êtes vous même aller chercher!
Ce n'est d'ailleurs pas tant une question d'argent, quoique revaloriser régimes indemnitaires et primes ça se fait, en particulier pour les plus précaires.
Pas tant une question d'argent disais-je que de bonne "gouvernance" pour reprendre vos termes.
Enfin, le rôle de l'action sociale municipale est lui aussi un curseur d’une politique municipale ancrée à gauche. Ce rôle ne doit pas être réduit à celui d'intermédiaire, de distributeur d'aides conventionnées dont la ville n'a pas la maitrise. Au delà des aides financières souvent indispensables, il s'agit d'étoffer le service public rendu en matière de santé, de logement et d'accompagnement dans l’insertion des personnes en difficultés.
Garantissez de ne pas déléguer le service public au privé, et encore une fois, une réflexion sur un retour au public de la restauration collective notamment, serait de bon aloi.
On peut se féliciter du partenariat existant avec les associations, notamment d'aide à la personne et d'insertion. Mais attention à ne pas déléguer des services à des structures elles
même fragilisées, dont l'existence est conditionnée à des subventions incertaines, de l'Etat, du département, de la Région ou de l'Europe.
Le risque de glissement des responsabilités est là...Quelle assurance de la qualité du service rendu, si l'association ne parvient pas à faire ce pourquoi elle
est subventionnée...on ne paiera plus. La boucle est bouclée et la population est en reste.
Continuons de soutenir les structures à but non lucratif qui font un travail de qualité et cessons d'économiser sur le personnel en formant et embauchant, gage de qualité des aides apportées
aux montreuillois.
Alors des actes, nous en attendons.
Oui des actes des vrais, des actes de gauche, qui résonnent du cri du peuple qui veut prendre son avenir en mains.
Des actes qui font fi des guéguerres inlassables et parfois ridicules entre l’ancien et le nouveau, entre l’avant et l’après, qui fatiguent, stérilisent, paralysent.
Des actes, même si nous ne sommes pas tous d’accord sur tout, mais des actes qui créent dynamique et espoir.
Parce qu’enfin nous sommes, nous tous ici, élus, par le peuple, et nous avons ce devoir non seulement de lui rendre des comptes ; d’être avec lui, solidaires, critiques, et constructifs pour améliorer la vie, la rendre moins dure.
Montreuil, terre de gauche, a besoin d’être rassemblée, en tenant compte de sa diversité.
Certes une ville ne peut pas tout résoudre à elle seule, mais ce n’est pas une raison de ne vouloir qu’un peu. Voilà, ce document que nous avons eu un peu tardivement, est à l’image de vos hésitations. Il se cantonne à gérer et ne combat pas les méfaits des politiques de droite. Nous aurions vraiment souhaité qu’il soit le reflet d’une politique bien à gauche.
Parce que la gauche, c’est nous, oui nous tous, dans ses multiples composantes.
Et nous élus, ne sommes pas au dessus des citoyens, mais a leur service, à leur écoute et devons non seulement nous indigner avec eux, mais avoir aussi l’audace nécessaire de faire en sorte de peser, d’intervenir jusque là où se prennent les décisions, sur ce qui doit vraiment changer, et comment le changer.
Les réponses sont à construire, avec la population, avec les agents communaux, avec les élus, pour trouver ensemble les solutions aux problèmes qui se posent.